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- Un cheval, vite ! Et le plus rapide que tu ais !
- Mais, monsieur…
- Obéis ! C’est de la plus haute importance !
- Bien, monsieur !
Zablar venait de pénétrer dans l’écurie, située dans l’aile nord du bâtiment. Tomas, le palefrenier, était en train de détacher une magnifique jument grise, nommée Nara. Ici, ça sentait le foin, la nourriture, les excréments, mais aussi un tantinet l’alcool. Des mouches voletaient tout autour des bêtes, et certaines se posaient sur les visages des deux hommes, qui les chassaient prestement. Le juge jeta un œil aux environs : il remarqua que beaucoup de chevaux n’étaient plus là, et que les seuls qui restaient étaient les vieux ou bien les malades, à l’exception de la jument que l’homme préparait avec le plus grand soin.
- Dis moi, Tomas…, dit Zablar. Comment cela se fait il qu’il ne reste presque plus de bêtes ici ? Quelqu’un a monté une expédition ?
- Désolé monsieur, mais je n’ai pas le droit de vous le dire…, répondit le palefrenier presque en chuchotant.
- Comment ?
- Je…quelqu’un m’a donné l’ordre de ne rien divulguer ! S’expliqua Tomas en baissant la tête.
- Ah oui, vraiment ? fit semblant de s’étonner le juge. Et…pourrais je savoir qui est cette personne ? Continua-t-il en s’approchant du palefrenier, qui recula légèrement.
- Non, monsieur, vous ne pouvez pas…
- Dis moi, Tomas…Est-ce que tu bois toujours ?
- Je vous demande pardon ?
- J’aimerais savoir si tu consommes toujours autant d’alcool.
- Mais, voyons… Vous savez bien que j’ai arrêté il y a plus de trois mois…
- En es tu certain ?
- Pourquoi me demandez vous ça ?
- Oh, pour rien, pour rien… M’autoriserez tu à visiter la réserve ?
- La réserve ? Mais, je…je ne comprends pas ! Il n’y a que des vieilles selles là-bas !
- Justement, je ne pense pas que tu verrais d’inconvénients à ce que j’y aille ? N’est ce pas ?
- Non… Bien sur que non… (Il avait l’air gêné.) Après…après vous !
Zablar fit quelques pas en direction de la petite porte de bois qui y menait, mais il se fit stopper par le palefrenier.
- Enfin, Tomas ! dit il, visiblement profondément choqué. Que se passe-t-il ?
- C’est bon, vous avez gagné ! Lâcha celui-ci avec un soupir.
- Ah, nous y voilà ! s’exclama le juge en souriant malicieusement et en se frottant les mains. Alors, qui était-ce ? Continua-t-il beaucoup plus sérieusement.
- C’était samedi, juste après le repas du soir. Je brossais une dernière fois les chevaux quand quelqu’un que je n’avais jamais vu s’est glissé dans l’écurie.
- As-tu aperçu son visage ? Questionna Zablar, visiblement intéressé.
- Non, il était encapuchonné…Et puis il faisait nuit…
Le juge maugréa dans sa barbe, apparemment énervé.
- Il y a un problème ? S’enquit le palefrenier.
- Non, non ! Rien du tout ! Continue !
- Bon. Donc, il est arrivé et m’a demandé si je pouvais lui fournir quelques bêtes. Je lui ai demandé combien, il m’a répondu dix. Je lui aie bien sur dit que c’était impossible, mais il m’a montré une missive de l’empereur lui-même qui disait que c’était de la plus extrême urgence, alors bien sur, j’ai accepté ! Et puis, l’homme était bien gentil, il m’a même offert un petit pourboire. C’est la première fois que ça m’arrive, vous vous rendez compte ? Ensuite, j’ai détaché les dix chevaux, puis je lui ait demandé où étaient les cavaliers qui devaient les monter, il m’a dit qu’il s’en chargeait. On a donc attaché les bêtes l’une à l’autre jusqu’à former une colonne, il est monté sur celle de tête, puis il est partit. Les animaux ont suivi sans la moindre protestation. On aurait dit qu’il savait leur parler. C’était étrange… Il m’a laissé la recommandation de l’empereur, qui m’ordonnait de ne rien révéler de cette affaire à personne. C’est ce que j’ai fait…jusqu’à aujourd’hui !
- Et cette histoire ne t’a pas intrigué ?
- Que voulez vous dire ?
- Tu ne t’es pas posé la moindre question ? Tu ne t’es pas dit que c’était bizarre que l’homme arrive en pleine nuit, etc… ?
- Ben, pas vraiment !
- Ce que tu peux être crédule, bon sang ! (Il marqua un temps d’arrêt, et passa une main dans a chevelure presque inexistante.) Et… tu as toujours la missive de l’empereur ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Oui, je l’ai gardé ! Elle est par ici, venez !
